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Tennis vs padel : sait-on jouer quand on vient du tennis ?

Interview vidéo exclusive d’Alice Bacquié, ex-N30 au tennis, aujourd’hui classée 150 au padel et compétitrice en P250, vous dit ce que votre parcours de tennis vaut vraiment sur une piste de padel. 

Voici un chiffre qui devrait faire tiquer tous les joueurs de tennis : en France, plus de 600 clubs de tennis ont déjà installé des courts de padel, le pays a dépassé le million de pratiquants en 2026, et la Fédération estime que la moitié des nouveaux licenciés sont soit de vrais débutants, soit d’anciens joueurs de tennis. Traduction : si vous venez du tennis, vous êtes exactement la personne que le padel est en train d’essayer d’avaler.

Reste LA question que tout le monde se pose en posant le pied sur la piste : est-ce que mon tennis va me sauver, ou me plomber ? On a mis une experte face caméra pour trancher. Alice Bacquié : ex- joueuse professionnelle classée N30 au tennis, aujourd’hui 150e au padel et compétitrice en P250. Quelqu’un qui a fait le voyage, et qui nous raconte son expérience avec le sourire.

Sa réponse tient en une phrase : le tennis, c’est une longueur d’avance. Et un boulet au pied. Les deux en même temps.

L'interview exclusive d'Alice Bacquié

 

Découvrez l’interview vidéo intégrale d’Alice Bacquié (5 min) face caméra. Entre aveux sur ses pires réflexes et les vraies astuces de terrain pour performer grâce à votre expérience tennis, appuyez sur play pour tout savoir !

L'avance : vos mains savent déjà

Bonne nouvelle d’abord. Venir du tennis, ça donne des cadeaux immédiats : vous savez lire une trajectoire, vous vous placez d’instinct, et surtout vous avez déjà des mains. Certains coups passent la douane sans problème — à commencer par le fameux revers à deux mains, terreur de beaucoup de débutantes. Alice, elle, ne s’en sépare pas : « c’est récupérable… c’était mon point fort au tennis, donc si je peux le garder au padel, ça m’arrange ! »

Le corps aussi apprécie le changement. Terrain plus petit, quatre joueuses au lieu de deux, surface souple : « j’ai l’impression de moins me dépenser au padel », note-t-elle, et la piste est « moins traumatisante » que la dureté du court de tennis. Pour un corps qui a déjà quelques kilomètres de tennis au compteur, c’est une seconde jeunesse, pas une punition.

Bref, sur les premières semaines, l’ancienne du tennis s’amuse et surnage là où d’autres galèrent. Sauf que…

Le boulet : ce fichu réflexe de frapper

… ses réflexes de tennis, eux, ne passent pas la douane. Le premier, le plus tenace, c’est la puissance. Au tennis, on frappe pour finir le point. Au padel, ça ne marche pas toujours…

Alice résume son expérience d’un mot : « Frustrant ! » Et elle enfonce le clou avec la phrase qui devrait être affichée à l’entrée de chaque club : « même quand j’ai l’impression de ne pas frapper, on me dit que je frappe trop fort. »

Voilà tout le drame de la joueuse de tennis : ce qui faisait sa force devient son plafond. Le geste est trop grand, la balle part trop vite, et le point est offert à l’adversaire.

L'ennemi numéro 1 : la vitre

Mais le vrai mur — au sens propre — c’est la vitre. Au tennis, une balle qui file au fond, c’est le point perdu. Au padel, c’est là que le point commence. Ce simple renversement, c’est un cauchemar pour un cerveau formaté au tennis.

Écoutez Alice, c’est limpide : « au tennis, on n’a pas du tout ce réflexe-là, on ne laisse pas passer la balle sinon on perd le point ». Alors laisser filer une balle vers la vitre pour la reprendre après le rebond, ça va contre vingt ans d’instinct. Son verdict, sans appel : « Les vitres, les vitres, les vitres, c’est l’ennemi numéro 1 de l’ancien joueur de tennis ! »

Comment on l’apprend ? Pas en un jour, et « ce n’est pas toujours glorieux », prévient-elle en riant. Elle n’a jamais pris de cours — juste des matchs, des entraînements, du temps. Elle note d’ailleurs que ses collègues qui, eux, prennent des cours, y passent l’essentiel de leur temps : dès qu’un prof voit qu’une joueuse ne « sent » pas la vitre, il ne travaille que ça.

Si vous débutez et que vous voulez accélérer, retenez-le : la vitre ne s’apprend pas toute seule.

Le déclic : désapprendre pour s'amuser

Alors, la réponse à notre question de départ ? Oui, on sait jouer au padel quand on vient du tennis — plus vite que les autres, même. Mais on plafonne aussi plus vite si on ne désapprend pas. Le tennis vous donne les mains ; le padel vous demande de changer de tête.

Et le plus beau, c’est que désapprendre, ce n’est pas se punir. C’est là que le jeu devient bon. Le conseil numéro 1 d’Alice à toute joueuse de tennis qui débarque : « essayer de ne pas trop frapper, malheureusement ! » Puis, plus sérieusement, cette vérité que confirment toutes les joueuses qu’on a interviewées : « jouer comme on doit jouer au padel — doucement, court, bas — c’est ça qui le rend le plus amusant. ». Amélie Detrivière appelait ça renoncer au « point champagne » ; Marianne Vandaele parlait de « déconstruire ». Trois joueuses, un même message : lâchez le marteau, prenez le scalpel.

Alors, tennis ou padel ?

On lui a posé la question piège pour finir : si demain elle devait choisir un seul sport, tennis ou padel ? Un silence, un sourire, puis : « pour l’instant, tennis ! »

Toute l’honnêteté d’Alice est là. Le padel l’a conquise, la fait progresser, la fait marrer… mais son cœur de compétitrice reste, pour l’instant, sur l’ocre de la terre battue. Et c’est peut-être ça, le vrai message pour vous : le padel n’est pas un tennis au rabais pour genoux fatigués. C’est un autre sport, avec ses propres règles et son propre plaisir. Le tennis vous ouvre la porte plus vite. À vous de faire l’effort d’entrer vraiment.


Pour aller plus loin : l’interview d’Amélie Detrivière, celle de Marianne Vandaele, et Progresser au padel : 5 leviers.

Sources : interview vidéo d’Alice Bacquié pour Padelles.fr ; chiffres du padel en France 2026 (plus d’un million de pratiquants, plus de 600 clubs de tennis ayant intégré des courts de padel, part des ex-joueurs de tennis parmi les nouveaux licenciés — données FFT et rapports de marché 2026).

Crédits photos : Alice Bacquié et Padelles.fr

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